Une amitié fidèle
Après un excellent repas, le vieux Peter Jackson s’installa confortablement dans le fauteuil du salon. Il s’étira longuement et invita ses deux petits-enfants à s’asseoir entre lui et les épais accoudoirs, chacun d’un côté comme ils le faisaient d’habitude.
La famille Jackson vivait dans une habitation située en périphérie de Fort-Yukon, dans l’État américain de l’Alaska. Cette demeure, devenue moderne au fil du temps, ne l’avait pas toujours été. L’arrière-grand-père de Peter était venu au 19ᵉ siècle chercher de l’or, il avait acquis une parcelle modeste et construit une cabane. Par amour pour cette région glacée qu’il avait découverte, mais également par amour pour la femme de sa vie qu’il avait rencontrée, une belle histoire débuta et perdure jusqu’à ce jour avec une longue descendance.
C’était le 24 décembre, veillée de Noël, l’atmosphère était sereine et chaleureuse à l’intérieur. À l’extérieur en revanche, le blizzard se renforçait de plus en plus. La température descendait aussi profondément que la glace dans le sol de ce pays dur et inhospitalier, mais tellement beau et captivant.
Calés chaudement auprès de leur papi, les deux enfants lui demandèrent s’il pouvait leur raconter une histoire car ils en raffolaient. Le vieil homme, heureux de la demande, ne se fit pas prier et se mit à raconter :
Il y a longtemps, un jeune garçon était parti avec son père chercher du bois pour le chauffage. La maison où il vivait avec ses parents et sa sœur était simple et rustique. Après un hiver rude, le printemps pointait et la température commençait légèrement à se réchauffer et à dégeler certaines parties du territoire du nord.
Ils partirent dans leur vieille camionnette et après un long trajet sur des pistes enneigées, ils arrivèrent à proximité de la forêt où ils se rendaient le plus souvent. Le père et son garçon s’attelèrent à la tâche. Il fallait couper le plus possible de petits arbres et ramasser ceux qui étaient déjà tombés sous le poids de la neige. À proximité se trouvait un étang encore gelé, mais qui montrait quand même des traces de la fonte qui débutait tout doucement.
Après deux heures de travail intensif, le bûcheron et son jeune fils s’arrêtèrent pour manger leur casse-croute. Tout à coup, ils entendirent un gémissement, une plainte animale. L’enfant se dirigea vers l’étang et vit un tout jeune orignal qui se débattait dans l’eau. Il était probablement resté un moment sans surveillance, il était venu boire et la glace avait rompu. Trop peu habile pour se sortir de cette situation périlleuse, il perdait ses forces et, sans aide, son sort était scellé.
L’homme et l’enfant le sortirent de l’eau. L’animal était exténué et il avait perdu connaissance. Ils l’enveloppèrent dans une couverture, l’installèrent dans la cabine du véhicule puis prirent la décision de rentrer afin de le soigner. De retour chez eux, ils le posèrent délicatement sur de la paille dans l’annexe de la maison qui servait d’atelier. L’enfant resta à ses côtés. Le cœur de son protégé battait faiblement, il ne se réveillait que par moment et se rendormait presque aussitôt. Le garçon se coucha à côté de lui, soufflait sur sa gueule, massait sa peau, il le caressait et lui parlait. Après trois jours, l’orignal junior était remis sur ses pattes, et lui et son père décidèrent de le rendre à la nature. Ils le déposèrent près de l’endroit où ils l’avaient secouru et attendirent l’arrivée d’un troupeau qui, ils l’espéraient, le prendrait en charge. Après une longue attente, un groupe arriva et deux orignales entourèrent le petit avant de repartir avec lui dans la forêt profonde.
Des années plus tard, l’enfant avait grandi et était devenu un solide jeune homme. Il exerçait le métier de mécanicien et souvent, il partait chercher du bois pour alimenter les poêles répartis dans la maison. Son père, devenu trop âgé pour ce travail, ne l’accompagnait plus. Comme à son habitude, il se rendit vers l’endroit familier. En conduisant et comme à chaque fois qu’il allait bucheronner, il ne pouvait s’empêcher de se remémorer l’histoire de son petit ami orignal et il se demandait ce qu’il était devenu. Dès son arrivée, il se mit à la tâche.
Cela faisait maintenant une heure qu’il coupait et entreposait des troncs. Alors qu’il tirait une grume un peu plus lourde que les autres, il glissa, perdit pied et tomba lourdement sur le sol. Ce n’était pas la première fois que ce genre d’incident lui arrivait, mais cette fois, sa tête vint violemment heurter un bloc de glace et il perdit connaissance. Un léger filet de sang sortait à l’arrière de sa tête et glissait le long de sa nuque. La journée était déjà bien avancée et le froid se faisait de plus en plus mordant. Le jeune homme restait sur le sol, inanimé. Parfois, il se réveillait pour un court instant, mais sa tête pesait lourd et il ne ressentait plus de volonté. Il était ailleurs et les rêves qu’il faisait l’incitaient à rester endormi. Il se revoyait jeune avec son père et le jeune orignal. Son travail, son atelier, sa vie défilaient de façon désordonnée. Le temps passait et la situation devenait très dangereuse, ses membres s’engourdissaient et sans aide, son sort était scellé.
Dans sa léthargie, il sentit tout à coup un poids sur son corps et un souffle très chaud sur son visage. Il ouvrit péniblement les yeux et se retrouva face à un orignal qui le regardait fixement. Le cervidé restait immobile, ses bois imposants surmontaient sa tête telle une couronne et lui donnaient un air majestueux. Conscient de l’importance de sa masse, il s’était positionné légèrement en travers et le couvrait délicatement en faisant bien attention de ne pas l’écraser. Il réchauffa encore un long moment le blessé qui finit par reprendre un peu ses esprits. Fortement commotionné, le jeune homme se leva péniblement et se dirigea en titubant vers la cabine de sa fourgonnette afin d’appeler du secours au moyen de sa radio CB.
L’orignal solitaire resta près du véhicule jusqu’à l’arrivée des secouristes, il resta également présent pendant la durée des premiers soins et ce n’est qu’après le départ de l’ambulance qu’il repartit dans la forêt profonde. Cependant, juste avant de partir, le jeune homme couché sur une civière et l’orignal échangèrent un regard intense qui en disait long sur leur affection mutuelle.
À la fin de l’histoire, les petits-enfants de Peter, qui n’avaient pas pipé mot, lui demandèrent : Papi, est-ce que le jeune homme a revu l’orignal ? Non mes chérubins, il ne l’a jamais revu mais chacun sait ce que l’autre a fait pour lui et c’est ça l’essentiel. D’ailleurs, sans cette amitié fidèle qui les lie pour toujours, vous ne seriez pas ici avec votre papi pour écouter cette histoire. Etienne

Les fondements de la confiance
L'amitié fidèle repose sur des piliers solides : la confiance inébranlable, le respect mutuel et une écoute attentive. C'est dans ces échanges que se forge une connexion authentique, un havre de paix où l'on peut être soi-même, sans artifice. Une véritable amitié est un espace de liberté et de compréhension.

Des souvenirs gravés dans le temps
Chaque rire partagé, chaque défi surmonté, chaque silence complice devient une étoile dans la constellation de notre amitié. Ces moments, qu'ils soient joyeux ou mélancoliques, construisent l'histoire unique de deux êtres liés par le cœur. Ils sont le reflet de notre parcours commun et de notre croissance.

Un soutien inconditionnel
Dans les tempêtes comme dans les accalmies, l'ami fidèle est une ancre, une lumière. Il offre son soutien sans jugement, encourage nos rêves et nous aide à nous relever. Cette présence constante est un don précieux qui nous permet de grandir, de nous épanouir et de faire face à l'adversité.
« Un ami fidèle est un trésor inestimable, une mélodie douce qui résonne toujours dans le cœur. »
Auteur inconnu, inspiré par musiquepoesie.com